Dermatite atopique (eczéma) : causes, symptômes et traitements

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Dermatite atopique -eczema

Une peau rouge, sèche et qui gratte… Les symptômes de la dermatite atopique ne vous sont peut-être pas inconnus. Cette maladie chronique qui touche les grands comme les petits, est la seconde maladie de peau la plus fréquente en France, juste après l’acné et devant le psoriasis ¹. Mais, la dermatite atopique est loin d’être une fatalité ! Les symptômes se soignent et se prennent en charge, pour essayer de vous apporter confort et repos durant les poussées.

Qu’est-ce que la dermatite atopique (eczéma) ?

Également appelée eczéma atopique, la dermatite atopique est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Non contagieuse, elle est responsable de démangeaisons, lésions et sécheresse cutanée chez le nourrisson, l’enfant et l’adulte. La majorité des dermatites atopiques disparaissent au cours de l’enfance (50% avant 5 ans), mais 10 à 15% des cas persistent jusqu’à l’âge adulte.

Les premiers symptômes de la dermatite atopique apparaissent généralement vers l’âge de 3 mois. Chez les nouveau-nés, les lésions sont le plus souvent présentes sur les zones rebondies du visage et des membres, sur le cuir chevelu et les fesses. Chez l’enfant et l’adulte, elles apparaissent au niveau des plis (cou, arrière des genoux, creux des coudes), des mains, et autour de la bouche.

Quelles sont les causes de la dermatite atopique ?

Les causes de la dermatite atopique sont la plupart du temps génétiques. L’eczéma atopique se déclare sur des terrains prédisposés génétiquement à développer une allergie. C’est pourquoi, les patients atteints de dermatite atopique ont également des allergies alimentaires, des rhinites allergiques et des crises d’asthme. Entre 50 et 70% des individus atteints de dermatite atopique, ont un de leurs deux parents qui l’est aussi. Si les deux parents sont atteints, le risque pour l’enfant de développer un eczéma atopique atteint 80%.

Depuis ces 30 dernières années, les cas de dermatite atopique ont largement augmenté. Il se pourrait donc que les évolutions de nos environnements jouent un rôle central dans le développement de la maladie :

  • hygiène excessive,
  • perte de stimulation du système immunitaire chez le bébé,
  • lavage excessif de la peau,
  • exposition au tabac et aux pollutions,

Quels sont les symptômes les plus fréquents en cas d’eczéma atopique ?

Les symptômes de la dermatite atopique se déclarent généralement par poussées. Les patients atteints peuvent passer par une phase chronique et une phase aiguë.

  • Durant la phase chronique, le grattage et le frottement créent des lésions cutanées qui apparaissent sèches et lichénifiées.
  • À la phase aiguë, les lésions sont des plaques ou des plaques squameuses intensément prurigineuses (qui démangent), rouges, épaissies, qui peuvent s’éroder au grattage.

Comment diagnostiquer l’apparition de cette pathologie ?

La dermatite atopique se diagnostique généralement via un examen clinique et l’interrogatoire médical du patient. L’objectif est d’observer certains symptômes de la dermatite atopique comme les lésions et les rougeurs et de pointer des antécédents familiaux.

Il n’est pas rare que les symptômes de la dermatite atopique soient associés à de l’asthme ou une rhinite allergique. C’est pourquoi, le médecin procède très souvent à un examen et bilan allergique pour compléter son diagnostic.

Enfin, une discussion avec le patient pourra permettre au médecin d‘identifier différents facteurs déclencheurs des crises et causes de la dermatite atopique (aliments, vêtements, stress, savons irritants, air sec…).

Quels traitements et conseils pour lutter contre la dermatite atopique ?

La dermatite atopique est une maladie chronique, dont on ne guérit pas et qui évolue par poussées. Le patient doit apprendre à vivre avec. Les différents traitements de la dermatite atopique existants permettent donc d’améliorer les symptômes, d’espacer les crises, et de retrouver un confort de vie presque normal.

Le traitement de la dermatite atopique le plus recommandé par les médecins est l’utilisation de dermocorticoïdes. Ces traitements sous forme de crème, pommade ou lotion restent les traitements de référence pour prendre en charge l’eczéma atopique et ont pour objectifs de :

  • guérir les lésions et prévenir le risque de surinfection lors des poussées,
  • prévenir les rechutes précoces et la sécheresse cutanée,
  • améliorer la qualité de vie des patients atteints de la pathologie.

Le choix du dermocorticoïde est lié au type d’eczéma et à sa sévérité, ainsi qu’à la sensibilité individuelle de chaque patient. Ils sont prescrits sous forme :

  • de crème lorsque les lésions d’eczéma sont suintantes,
  • de pommade lorsque les lésions sont sèches ou lichénifiées (lorsque la peau est épaissie),
  • de lotion quand le cuir chevelu est atteint.

Attention, seul un médecin peut vous prescrire des dermocorticoïdes. En effet, une utilisation non contrôlée de corticoïdes peut fragiliser la peau et même être à l’origine d’un eczéma atopique. L’utilisation de dermocorticoïdes à bonne dose prescrite par votre médecin ne présente en revanche aucun danger !

En parallèle de la prise de ces derniers, il est indispensable d’utiliser des émollients au quotidien. Les émollients permettent de réparer le défaut de barrière cutanée et d’éviter les rechutes. Les autres traitements de la dermatite atopique connus sont :

  • le tacrolimus topique, en cas de poussées de l’eczéma modéré à sévère, d’une réponse inadéquate ou d’une intolérance ou refus de dermocorticoïdes;
  • les antihistaminiques H1, en cas de prurit important.

Nos conseils pour vivre sa dermatite atopique plus facilement

Les symptômes de la dermatite atopique ne sont pas faciles à vivre. Cette maladie chronique peut représenter un fardeau psychologique pour les patients qui en sont atteints.
Si la dermatite atopique ne définit pas la personne que vous êtes, elle fait partie de votre quotidien. Alors pour apprendre à vivre avec, suivez ces quelques conseils :

  • Hydratez votre peau au quotidien avec des produits émollients qui vont hydrater, assouplir la peau et renforcer la barrière cutanée !
  • Appliquez votre crème sur une peau humide. Cela aide à la pénétration du produit et la peau est moins collante. De plus, il n’y a pas besoin d’appliquer de grandes quantités de crème, une fine couche suffit, deux fois par jour.
  • Évitez les douches et bains trop chauds et ne restez pas trop longtemps sous l’eau. En effet, la chaleur peut être néfaste et occasionner des crises.
  • Adaptez votre routine soin et hygiène. Utilisez des nettoyants sans savon et sans alcool et préférez une lessive douce sans parfum, ni adoucissant.
  • Préférez les vêtements amples en coton, en lin ou en soie plutôt que des matières irritantes pour vos vêtements, comme la laine, ou les matières synthétiques.
  • S’il vous est très difficile de ne pas vous gratter, coupez-vous les ongles le plus court possible afin de ne pas abîmer votre peau davantage. Vous pouvez également tester la technique du pinçage ou du froid pour faire passer les démangeaisons.

Comment accompagner et soutenir un proche atteint de dermatite atopique ?

L’accompagnement d’une personne atteinte de dermatite atopique est essentiel, surtout si le malade en ressent le besoin. Comme la plupart des maladies cutanées, il se peut qu’une personne avec une sévérité accrue vive parfaitement bien avec sa pathologie, pendant que quelqu’un avec une sévérité faible ou moyenne se sente désemparé(e). Il est important de ne pas juger la façon dont une personne se sent par rapport à sa maladie.

L’eczéma atopique, c’est un peu comme un iceberg. Ce qui se voit, ce sont les plaques rouges au niveau du cou, du visage parfois. Mais dans certains cas, les symptômes de la dermatite atopique se manifestent également sur des parties du corps « non visibles ». Ça peut donc être bien plus contraignant qu’il n’y paraît.

Souvent, les proches se sentent impuissants, parfois coupables face à la maladie de leur enfant, conjoint(e), ami(e) : mais de simples paroles peuvent aider. Le plus important est d’essayer de comprendre et de se mettre dans la peau de l’autre : et vous, qu’est-ce que vous aimeriez entendre à sa place ?

Il est important de le rappeler : le proche subit aussi la maladie, à sa manière… Alors parlez-en ! En cas de besoin, n’hésitez pas à vous rapprocher d’associations de patients, comme l’Association Française de l’Eczéma, qui apportent un véritable soutien aux personnes atteintes de dermatite atopique.

(1) Sources :